22.09.12 Gabarret (40) Championnat des jeunes écarteurs et sauteurs

Bonne graine des Arrigans

Romain Clavé, l'enfant de Pouillon, âgé de 15 ans, a décroché samedi à Gabarret un titre prometteur de champion de France des jeunes écarteurs.

Âgés de 15 ans, Simon Raunier et Romain Clavé ont inscrit à Gabarret leur nom sur leur bouclier.



Ainsi donc, le bouclier est profondément enraciné dans la noble terre des Arrigans. Après Julien Guillé d'Estibeaux, le voisin de Pouillon, Romain Clavé s'est emparé du convoité bout de bois. Aussi blond que son cousin, le novillero Clemente, le gamin n'a point trahi les propos élogieux que tient régulièrement à son sujet le Pomarézien Alain Laborde, compositeur inspiré de chansons de geste lorsque vient la saison morte. Le Pouillonnais, dont le sang des Barrère coule dans ses veines, transpire la course. À l'aise sur les deux cornes, il dégaine les intérieurs à bon escient. « J'ai beaucoup appris lors des courses de l'été », avoue humblement le vainqueur du concours des jeunes sur le sable dacquois.

Ce titre de champion de France vient finalement couronner dans la place « Belle Époque » de Gabarret, cernée de platanes encore généreusement coiffés en ce premier jour de l'automne, un talent à l'état pur. Face à un très joli lot de coursières servi sur un plateau par les maisons Deyris et Dargelos, Romain Clavé n'a pas laissé la place à un éventuel suspense. Premier de l'éliminatoire avec un score défiant toute concurrence, le gamin a pris les clés du camion dès le début de la finale qui l'opposait à Louis Navarro, Paul Dussau et Maxime Dessa.


« Sur le pieds joints, je tape trop tôt et je retombe sur les fesses de la vache ». Simon Raunier s'est fait peur. Face à l'imposante Majesté, le sauteur du Pays dacquois a bien cru que son championnat avait définitivement tourné au vinaigre. 4 points le séparaient d'Alexandre Lesterlou. Le jeune torero de Jean-Louis Deyris a regagné le burladero la tête basse.

Mais lors de l'entracte, son professeur s'est chargé de lui remonter le moral. « Je dois beaucoup à Nicolas et Guillaume Vergonzeanne qui m'apprennent énormément ». Nicolas Vergonzeanne était en effet présent dans la contre-piste afin de donner les bons conseils. La belle aubaine. Son explication de texte a été parfaitement assimilée par Simon Raunier, visiblement plus libéré au-dessus d'Aïnoa. Son pieds joints fut parfait et son vrillé fit la différence.

Car, dans le même temps, Alexandre Lesterlou (50,50), en progrès, exécuta un périlleux, une figure moins pointée. « Avant d'aller sauter en course, je m'étais fixé pour objectif de bosser tous mes sauts », confie Simon Raunier (51,50), tout sourire. Malgré son jeune âge, le sauteur dacquois a déjà compris que la conquête de l'espace ne tolérait aucune négligence. Certainement un conseil du maître.

À sens unique

Régulier à chacune de ses suertes, l'élève de l'école taurine a imprimé le rythme de ce concours de bon niveau. « Je me suis appliqué à ne pas chuter », précise Romain Clavé, lequel n'a en effet jamais mordu la poussière. Ce ne fut malheureusement pas le cas de ses adversaires. Maxime Dessa ainsi que Paul Dussau ont entamé le tournoi final par des revers de fortune face à Arbeloa et Marciacaise. Un terrain perdu, jamais reconquis.

Seul Louis Navarro a vraiment réussi à s'accrocher aux bottines enchantées de l'enfant des Arrigans. Ce garçon, victime l'an passé d'un grave accident lors d'une séance de l'école taurine, semble déjà très aguerri aux joutes des ruedos. Ses prestations au sein de la seconde de Jean-Louis Deyris y sont pour beaucoup. Solide, charpenté, le torero de la Côte sud a perdu de précieux points devant Claveline. Il ne restait plus à ce moment-là que quatre écarts à dessiner.

Romain Clavé (72,50), sûr de son fait, a assuré en proposant des figures très classiques dont une toute dernière pour la route face à Pénélope, dont la saveur colle encore au palais.

Louis Navarro (62,50), malgré deux bons intérieurs, monte sur la deuxième marche du podium.

Un podium que complète un certain Paul Dussau (60,75), la révélation de la tarde. L'écarteur du Vert galant, aussi sincère que volontaire, a sorti quelques écarts remarqués.

Maxime Dessa (59,50), battu l'an passé par Julien Guille, n'a pas eu la réussite habituelle.

Une réussite que Romain Clavé a su provoquer. Le vieux sage ne s'était pas trompé.


Publié le 24/09/2012 à 06h00 Sud Ouest

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Date de dernière mise à jour : 03/10/2012