15.05.13 Un écrivain à la pitrangle

Un écrivain à la pitrangle

Michel Puzos vient de boucler un ouvrage de référence consacré à la carrière de Didier Goyetes.

Il hante les pitrangles, son appareil photographique à portée de main. Michel Puzos ne compte pas son temps au service de l’actualité coursayre. Chaque jour, cet enseignant à la retraite passe plusieurs heures à mettre à jour son fameux site « Course landaise Magazine » dont le succès va grandissant au fil des temporadas. Cet aficionado, également passionné de courses hippiques, est devenu un personnage incontournable du mundillito. À vrai dire, l’ami Puzos n’était pas un inconnu. « J’avais déjà écrit dans la défunte “Tuile” en qualité de correspondant à la demande de René Gaujous. » C’était, il y a quelques lustres, car durant de longues années, il lui fallu couper avec son milieu naturel. « Mon père, décédé en 1980, possédait une entreprise de charpente. Comme je ne voulais pas qu’elle disparaisse, j’en ai assuré la gestion. » Girondin de naissance, Michel Puzos s’en retourna sur ses terres, non sans penser qu’un jour peut-être son aficion le rappellera à ses devoirs de vacances. Aux portes du mystère

Les vacances à Pontonx. Le chroniqueur n’aurait jamais user ses fonds de culotte sur les gradins des arènes s’il n’avait pas connu des étés ensoleillés à fureter autour de la mauresque place pontoise. Un lieu fermé qui suscita la curiosité du futur maître. Un silence mystérieux qu’il rêvait de briser. « Ma mère était de Buglose. Je revenais à Pontonx au cours de l’été. J’avais 6 ans ou 7 ans. La course landaise me fascinait avant même d’en voir. Je regardais les affiches avec envie. Je me souviens des défilés d’écarteurs, je les suivais jusqu’aux arènes au son de la musique. » Le cœur gros, le gamin laissait les toreros au pied de la porte principale. « Parce que ma mère était très réticente à m’amener assister à ce type de spectacle. Elle ne voulait pas voir les écarteurs se faire prendre. » À force de persuasion, le petit Michel réussit à pénétrer dans ce lieu sacré, « et ce fut le coup de foudre. J’ai écrit chez Joseph Labat pour visiter la ganaderia. Comme il était d’accord, je suis allé à Chiouleben à vélo, je ne suis plus parti ». Chiouleben, au bord de la ligne Paris-Irun, recélait des trésors de légende alimentés par les célèbres gitans, Ramuntcho et Ramuntchito.

Homme passionnant

À Buglose, il fit la rencontre de Didier Goeytes. Nouveau coup de foudre. Michel Puzos, poussé par sa curiosité naturelle, a fini par céder à la tentation. Il vient en effet de boucler un ouvrage retraçant la carrière de l’ancien écarteur amollois. Un bouquin rédigé au terme de trois ans d’un fastidieux labeur. Un rythme de vie à la Max Gallo. « Mais je ne le regrette pas parce qu’au-delà du torero, Didier Goyetes est d’abord un homme passionnant à entendre. Il dégage un vrai charisme parfaitement rompu à la communication. Et puis en piste, il dégageait quelque chose. » Au travers de ses aventures, Michel Puzos jette un regard nostalgique sur 30 années de course. Bien des noms rejaillissent soudain dans le tamis de nos mémoires par trop sélectives. « Vivons notre passion ! », conclut le chroniqueur enfin soulagé d’avoir rendu à la course landaise tout le bonheur qu’elle lui apporte chaque dimanche.

L’ouvrage de Michel Puzos, intitulé « Didier Goeytes, écarteur landais », publié aux éditions Gascogne à Orthez, sortira le 1er juin prochain, en marge du Festival art et courage, aux arènes de Dax. L’auteur et son héros se feront un plaisir de le dédicacer.


Sud Ouest Publié le 15/05/2013 par Bertrand Lucq

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